Alain Brunet, La Presse

Depuis ses débuts dans les souterrains du jazz montréalais, Emma Frank a répandu le sable fin de sa voix, imposé un phrasé qui lui est propre, suggéré des lignes mélodiques claires qui se gazéifient magnifiquement, aménagé des paysages psych folk rehaussés d’harmonies et rythmes propres au jazz contemporain.

L’équipe d’Emma Frank est ici remarquable : François « Franky » Rousseau, guitare, arrangements et réalisation, a parfaitement saisi la personnalité et l’imaginaire de la chanteuse ; Aaron Parks, claviers et arrangements, se passe de présentation ; Jim Black, batterie, un des plus singuliers sur terre ; Rick Rosato, contrebasse, en parfaite symbiose avec ses collègues ; Simon Millerd, trompette, brillant dans sa recherche texturale ; Pedro Barquinha, design sonore, discret et circonspect ; Brian Chan et Philippe Gosselin, prise de son exemplaire au studio de Pierre Marchand.

Voilà la rencontre d’excellents musiciens canadiens et américains, pour la plupart installés à Brooklyn où vit désormais Emma Frank. La parolière d’Ocean Av. explore ici la dialectique entre le calme et le chaos inhérents à l’existence et l’intimité, superbe diffraction autobiographique.

Typique de cette génération indie/cyberfolk au croisement du jazz, Ocean Av. touchera quiconque recherche les formes les plus élevées de création chansonnière.

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